Il y a quelques jours, je m’extasiais de la sollicitude de la nation qui enterrait aux Invalides, en présence du Président de la République, des soldats malheureusement tués par une mine et offrait,au coeur de la Provence, un séjour de soins psychologiques aux « guerriers » rentrés de quelques mois de séjour africain…
Le même Président est accouru en ce même mois de mai, décorer et promouvoir deux gardiens de la paix abimés par des casseurs qu’ils étaient censés empêcher de nuire.
Je me pose tout de même une question: avec quoi, si l’idée lui en prenait, décorera-t-il ceux qui, dans l’exercice de leur métier, auront simplement rempli leur mission avec professionnalisme, habileté et résultat.Ne décorer systématiquement que les victimes,même si ce sont celles du sort, est-ce vraiment bon pour le moral?
Fragilité et sollicitude
Je me souviens , cela se passait dans les années 60: j’étais à l’époque en charge d’ une S.A.S dans le Djebel Nador très au Sud de Tiaret ; et, brutalement en 48 heures, je dus partir pour assurer le remplacement de l’officier qui commandait la SAS de Sidi-Bouzid dans le Djebel Amour. Tombé dans une embuscade sur la piste qui y menait, ce dernier qui, comme moi, accomplissait ses « obligations militaires », y avait laissé la vie…Son cercueil fut simplement envoyé à la famille et aucune cérémonie ne marqua cette disparition. Je n’ai trouvé à l’époque, et pas plus aujourd’hui d’ailleurs, rien à redire à cette manière de gérer l’évènement. Tout cela conté parce qu’en ce 20 Avril, la TV nous a comblé! Ainsi avons-nous pu voir et entendre des militaires ( de carrière ceux-là) en traitement psychologique sinon psychiatrique, dans une merveilleuse résidence provençale après quelques mois passés en Afrique…Et quelques minutes plus tard, le président de la République en personne, rendre, aux Invalides, un « hommage solennel » à trois militaires, de carrière également, tués par une mine.
Au fond, je ne sais ce qui m’effraye le plus: la fragilité psychologique de notre Armée ou la tendre et démonstrative sollicitude de l’appareil de l’Etat ( et de l’opinion?) à son endroit…Peut-être d’ailleurs les deux sont-ils indissociables?
Comme à la belote
Au café-resto de Simorre,arrivent entre 13h et 13h,30, les habitués du café d’après-repas. Commencent alors les parties d’un jeu qui a survécu à tous les évènements, parce que familier à chacun dans sa logique: il fait, en effet, appel à toute la gamme des stratégies auxquelles nos concitoyens font appel au quotidien. Et notamment, à l’une d’elles qui consiste à « passer », quand on juge que son jeu, quelque soit l’habileté, dont on peut faire preuve ne peut mener qu’à la perte.
Bien sûr, Valls veut que l’anéantissement du Président actuel soit un naufrage: « il est le
candidat évident et incontournable » dit-il… Il est non moins évident que le paysage de la Gauche 2016 ne recèle a priori aucun candidat potentiel.
Et voilà pourquoi, il faut « passer » en 2017. La Gauche s’en remettra! Bien mieux que de la catastrophe qui suivrait son naufrage si elle était présente à la prochaine confrontation…
Jouons à la belote pour ne pas sombrer dans le scénario d’un autre jeu dont « impasse » est le
maitre-mot.
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Macron
Le Monde de ce 7 Janvier 2015 affiche en première page la photo en maxi-grandeur de Monsieur Macron qui doit être aux yeux de certains, l’homme qui sera en charge de représenter demain une « gauche moderne ». Et tout en même temps donc de souffler les dernières bougies, si vacillantes déjà, qui veillent sur des valeurs anciennes et dépassées, incompatibles avec le monde d’aujourd’hui.
Notre très vif souhait est que la campagne engagée par notre (!) journal connaisse l’éclatant succès qui a couronné une opération similaire qu’il avait menée il y a quelques années en faveur d’un certain Balladur. La constance de mon journal dans le choix d’hommes sans idéal ni dimension pour prendre en mains les destinées de notre pays… m’effraye!
Corse: pour un débat sur le fond.
Il est difficile de penser qu’une population puisse faire partie d’une Nation contre sa volonté; contraire même à notre démocratie qui repose sur le « vouloir vivre ensemble et égaux ».
Il convient d’abord de s’assurer de la volonté de la population en cause: sa consultation par voie de referendum s’impose comme un préalable; elle ne saurait porter sur autre chose que le maintien dans la République ou l’Indépendance. La République, de concessions en concessions, est déjà allé très loin dans la prise en compte des « spécificités » insulaires: il faut exclure totalement, à cette occasion, la notion d’autonomie qui, précisément, repose sur l’idée de l’acceptation d’une inégalité basée sur le sol sur lequel vivent les citoyens.
Le Pouvoir doit saisir immédiatement l’occasion qui vient de lui être donnée par le « discours » de la nouvelle assemblée corse, pour clarifier la situation: annoncer un référendum portant sur la volonté des Corses de rester ou non dans la République.
Là réside la seule voie qui permettra au gouvernement de sortir du piège dans lequel il ne manquera pas de tomber s’il accepte d’ouvrir une négociation avec les nouveaux élus.
Il faut déplacer le débat en Corse: que ses habitants énoncent clairement leurs choix: c’est en Corse alors qu’il s’ouvrira , et l’issue des combats auxquels il conduira apparaît d’ores et déjà comme parfaitement incertaine.
Le fer doit être battu tant qu’il est chaud: une campagne de six mois apparait raisonnable pour un référendum qui devrait avoir lieu au mois de Juin prochain. Tout autre calendrier entrainera un pourrissement de la situation.
Eugénisme
Alors que se tient actuellement à Washington « la convention constitutionnelle de la biotechnologie », une brillante idée s’est frayée un chemin jusqu’à moi.
Pourquoi user en priorité de ces nouvelles technologies en faveur du » bébé parfait »? Il peut attendre !
L’urgence me parait toute autre: user des nouveaux » ciseaux moléculaires » pour remplacer le gène définitivement défaillant de nos politiciens…
Récompense pour qui dira où trouver le gène à implanter dans leur chromosome nécrosé…
A quoi, à qui, la responsabilité du Bataclan?
Après le Bataclan, peut-on tirer des leçons qui ne serons pas nécessairement celles des commentaires des politiques et des médias que l’on nous ressasse ad nauseam ?
Sur le plan international, rappeler à nos concitoyens que nous livrons une guerre en Syrie -sans qu’ils en soient toujours conscients- au départ et d’abord pour y changer ses dirigeants, et ensuite combattre une organisation religieuse. Minimiser les risques d’engagement dans un conflit, même et sans doute surtout, lorsqu’il est asymétrique est une grave faute.
Sur le plan intérieur, il convient de régler la note de la merveilleuse continuité qui, dans le domaine de la sécurité et du renseignement comme de tant d’autres, a emprunté avec enthousiasme les chemins tracés par le quinquennat précédent dans l’organisation de l’appareil de Renseignement. Les mises en garde , il est vrai, n’ont pas été nombreuses ( les miennes me laissent aujourd’hui un goût amer) .
D’une manière plus générale, nous payons la facture d’une classe de dirigeants politiques acculturés et mal entourés. Mettant de plus la politique étrangère de la France au service de ce qu’ils pensent pouvoir conforter leur destin personnel.
Pour terminer ce billet amer, me rappeler comment à Washington en 1991, nous avons décidé d’arrêter la coalition des armées US,GB et FR bien avant Bagdad pour ne pas rompre un équilibre que nous considérions comme un bien précieux en cette partie du monde.
C’est bien peu de temps après que l’absence de morale, l’inculture et l’intérêt personnel ont triomphé: le Président des Etats-Unis a fait pendre celui de l’Irak, et le président de notre République a fait égorgé celui de la Libye.
La majeure part de ce qui est advenu depuis au Moyen-Orient et en Afrique n’en sont que les suites: elles ont entrainé là-bas – mais nous savons que c’est bien loin – la mort de centaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants.
Solidarité
Puisque le mot de solidarité est devenu mode, autant l’utiliser au maximum tant qu’il est au plus haut ! Par exemple, nous proposons d’en étendre le champ, en invoquant la si éclatante solidarité de l’opinion avec les 4 salariés d’Air France qui viennent d’être licenciés pour avoir bousculer un cadre de la Compagnie. Et d’ailleurs, ce concept de solidarité ne pourrait-il, à lui seul, justifier le licenciement de l’équipe dirigeante d’Air France, certainement entièrement solidaire au bord du gouffre où elle a mené la Compagnie, mais dont l’Etat qui la contrôle ne saurait être…solidaire.
Elections Régionales
OBIT dédié à Emmanuel Kant et à Charles de Montesquieu en souvenir de ce que fut la morale privée et la vertu civique.
Nous avions eu un peu de peine, il faut le dire, de voir, quelques mois avant les dernières présidentielles, le P.S s’apprêter à investir un candidat dont le passé mettait en cause l’honnêteté (l’acquittement ne signifie pas l’innocence d’un accusé, mais souligne la plupart du temps sa seule habileté à dissimuler les preuves de sa culpabilité; d’ailleurs aujourd’hui confirmant hier , seuls les chiffres des détournements semblent à première vue distinguer l’affaire de la Mutuelle et celle de LSK…). Remercions Nafissatou Diallo de nous avoir sauvé d’un désastre annoncé.
Nous pensions que voter pour M. Hollande, c’était au moins voter pour un Etat échappant aux soupçons. Mais le désenchantement a été rapide en ce qui concerne la promesse d’une « République exemplaire » :
-On a vu les « amis-complices » de l’ex candidat potentiel à la présidentielle portés aux premiers rangs : postes ministériels, représentation à Bruxelles, hautes fonctions publiques, afin probablement de s’assurer d’une fidélité nouvelle de ce clan.
-On a vu une cascade de compromissions, de malhonnêtetés, d’indélicatesses :
Cahuzac ministre et ses comptes à l’étranger
Thevenoud ministre et ses impôts
Kader Arif ministre et ses trafics d’influence
Aquino Morelle conseiller du Président, ses liens avec les laboratoires et ceux avec ses chaussures
A. Saal patronne de l’INA et ses frais de taxis
Y. Benguigui ministre et sa fausse déclaration de patrimoine
_ Th. Braillard ministre et son logement HLM dans le 5ème
-On a vu les postes attribués aux amis, parents, relations, sans souci d’aucune idéologie, de reniements passés, ni de morale: Jouyet secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre de Sarkosy, Richard patron de France-Telecom qui a couvert Tapie de millions d’euros publics alors qu’il dirigeait le cabinet de madame Lagarde, Brottes député P.S nommé patron de R.T.E, le très jeune Le Drian-fils mis en garderie à l’Etablissement public de la Défense, Villeroy de Galhau ancien plus proche collaborateur de M. Strauss-Kahn nouveau gouverneur de la Banque de France (qui nous expliquera comment la banque dont il a été un éminent responsable pendant 10 ans, a accepté de payer « à l’insu de son plein gré » une amende de 8,9 milliards de dollars au fisc américain).
-On a vu, totalement ignorés, les principes républicains : le Premier ministre à la canonisation d’un pape, l’hommage du Président de la République à Pasqua, la transfiguration en héros des otages libérés et des sportifs avec un Président qui passe son temps à Orly pour y transformer les victimes en héros et y célébrer les anabolisants, le ministre de l’Intérieur se rendre à Rome pour assister à la messe de canonisation(!) des parents de « Sainte Thérèse de Lisieux »…Et le carrousel Hollande-Valls distribuant, jour après jour, aux accidentés de la route, de l’eau, de l’air, aux victimes malheureuses de pouvoirs lointains nécessairement iniques, le saint baume d’un pays solidaire de tous ses enfants, crapules confondues.
-On a vu l’ usage de l’argent public à des fins privées : le premier ministre allant voir en famille, dans un avion de la République, un match de football à l’étranger…Et quelques jours plus tard, la jugulaire sous le cou et sans vergogne, déclarer inacceptables les agissements de salariés d’Air France, traités de « voyous », qui sous la menace de leur licenciement, ont osé, en déchirant une chemise, dépasser les bornes républicaines définies par Mr Valls. Aussi a-t-il fait en sorte que 5 d’entre eux soient arrêtés à l’aube et mis en garde à vue …
-On a vu oubliées ou au mieux bâclées, les réformes qui devaient moraliser la vie publique et qui passaient par la suppression du cumul des mandats, la transparence absolue de la vie publique…
La médiocrité idéologique, la faiblesse insigne des convictions, l’inculture dont font preuve la plupart des membres de l’équipe gouvernementale nous garantissent heureusement leur disparition prochaine, sans espoir de survie politique pour la plupart. Ces raisons de moralité suffisent largement à justifier notre vote; j’en ajouterai d’autres plus techniques :
-La réforme fiscale se borne aujourd’hui à un jeu de yoyo sur les barèmes et taux des impôts qui aboutit de plus et contrairement aux principes républicains, à ne faire payer l’ IR que par moins de la moitié de nos concitoyens. On attend toujours la grande réforme fiscale promise et le moment où ce pouvoir s’emploiera à persuader notre peuple que l’impôt est au cœur du fonctionnement de la Démocratie.
-Par contre, il n’a pas fallu attendre pour découvrir la loi sur la Nouvelle Organisation des Territoires de la République bâtie sur une tromperie impensable : celle des économies annoncées, alors que tout spécialiste en la matière (catégorie à laquelle modestement j’appartiens en tant qu’ancien préfet de Région, Conseiller maître à la Cour des comptes et maire pendant une quinzaine d’années) sait parfaitement que ses conséquences en matière de coût seront plus que conséquentes. Surtout, il faudra un jour nous expliquer et donc justifier l’intérêt de l’extension de taille des régions et des communes ! Ne serait-ce que pour nous empêcher de nous émerveiller depuis des décennies de l’efficacité du canton de Bâle, Etat d’une Confédération, qui « s’étend » sur 37 Km2 peuplés de 250 000 habitants…
-Quand au coup porté par cette loi à la ruralité, il est à mettre sur le compte de l’existence hors sol de nos « élites ». En notant que l’atteinte portée à notre tissu social et à la vie démocratique se double, ici comme ailleurs, de coûts qui n’ont fait l’objet d’aucune communication, car probablement d’aucune étude sérieuse. Ceci n’est guère étonnant, les deux derniers quinquennats ayant transformé le ministère de l’Intérieur en ministère de la Police, plus personne n’imagine même qu’il demeure en charge de l’organisation territoriale de notre pays. Sa mission essentielle est aujourd’hui d’opérer la transition vers une Gauche sécuritaire sensée rallier des électeurs « terrorisés par le terrorisme », vouée à devenir le bras droit de la Gauche sociale-libérale mise en place auparavant.
Nous n’ajouterons aucun élément ayant trait à l’économie et à la finance, peu persuadé qu’un autre pouvoir aurait mieux réussi que celui-ci à faire baisser notre dette, notre déficit et surtout notre taux de chômage. On aurait toutefois bien aimé que le virage au social-libéralisme soit assumé et justifié devant l’opinion.
Pas plus que nous n’évoquerons ce qui touche à notre politique étrangère, refuge ultime des chefs d’Etat en perdition, de celui-ci comme de son prédécesseur immédiat.
Mais ce qui vient d’être énoncé suffit à assurer notre conviction qu’il ne faut pas, sous prétexte que cela peut conduire à pire et peut-être plus, accorder un vote favorable à ce Pouvoir et à son Parti dont la rigueur morale et les convictions sont trop au-dessous de ce que nous étions en droit d’en attendre au moment où nous les avons portés au pouvoir. Nous voterons donc « blanc »en faisant abstraction de la peur des lendemains et en remarquant au passage, que ce vote blanc, certes comptabilisé à part, ne figurera pas dans le nombre des suffrages exprimés. Encore un engagement oublié !
VIOLENCE
Le premier ministre est formel: la violence des salariés d’Air France est « inadmissible ». Notation intéressante, car, a contrario, on peut connaître enfin ce qui est « admissible ».
Ainsi sont parfaitement admissibles la reconduction par la Gauche du PDG inapte de la Compagnie, les rémunérations indécentes dudit et de son staff, le licenciement de milliers de salariés, l’absence de l’Etat dans la crise qui submerge une entreprise dont détenant le contrôle, il est entièrement responsable.
Monsieur le premier ministre s’est-il penché un jour sur l’Histoire de son pays? Il aurait pu y voir qu’il a fallu bien des violences « inadmissibles » durant les siècles, pour que notre peuple puisse avoir enfin le sentiment d’ exister.
On est heureux de voir l’inadmissible rejoindre la chienlit et l’image ternie de la France brandies ailleurs; ainsi ne peut-on que féliciter les « élites » nouvelles de serrer les rangs, car qui sait, la violence de leur argent ne restera peut-être pas toujours sans réponse.