L’innocence a une couleur

En cette fin du mois de Mai 2017, enfin un beau consensus! Tous les commentateurs, politiques, journalistes, représentants des « élites », porte-paroles du peuple…sont d’accord: le degré extrême de la barbarie a été dépassé à Manchester: enfants et adolescents sont nombreux parmi les victimes; alors que les drones tirés de la Californie, les missiles lancés de sous-marins nucléaires et de Rafales ont toujours permis aux armées occidentales de cibler et de détruire uniquement des combattants parvenus à l’age de la maturité…Ainsi donc, les enfants occidentaux sont-ils seuls à subir, à Manchester ou ailleurs, la sauvagerie de barbares. Que les médias continuent donc d’éviter de mentionner (sinon parfois par quelques entrefilets de bas de page) ce que nous dénommons les « dégâts collatéraux », pour ne pas inciter certains à se poser quelque question sur la justification de la guerre que nous menons si loin de notre pays et pour une cause qui échappe à notre peuple; lequel cependant, n’a pas l’air de s’émouvoir de la mort, chaque jour, d’enfants ( blancs certes mais parfois un peu bistres), victimes des armées de l’Occident.

Un Dimanche cotonneux

Que faire Dimanche? En désespoir, voter Macron? Mais à la Rotonde, les silhouettes des people sont apparues: au juste le temps d’un éclair, mais comme simplement nous aviser qu’ils sont toujours bien là, pour que nous ne soyons pas définitivement étonnés demain de les y retrouver: Alain Minc, le grand Conseilleur de présidents de toutes origines et de toutes eaux et prince de la « littérature » politique de caniveau, Jacques Attali, le plagiaire, promoteur dans l’inommable rapport Balladur-Attali (dont E.Macron fut le Rapporteur), d’une France rassemblée autour d’une demi-douzaine de métropoles et de sa ruralité regroupée autour des centres commerciaux, Bernard-Henri Lévy, l’apôtre de la guerre en Lybie, Bernard Kouchner, l’exploiteur politique de la misère du monde… Je suis sûr que demain, il n’en manquera pas un! Alors, à cette heure, comment ne pas chanceler alors qu’autour de nous, aucun argument ne manque pour nous amener à voter en fermant les yeux pour celui qui nous annonce que son élection signera le début de temps nouveaux… Il nous reste trois nuits pour choisir le chemin par lequel nous pourrons sauver une partie, si minime soit-elle, de notre morale de citoyen.