Puisque le mot de solidarité est devenu mode, autant l’utiliser au maximum tant qu’il est au plus haut ! Par exemple, nous proposons d’en étendre le champ, en invoquant la si éclatante solidarité de l’opinion avec les 4 salariés d’Air France qui viennent d’être licenciés pour avoir bousculer un cadre de la Compagnie. Et d’ailleurs, ce concept de solidarité ne pourrait-il, à lui seul, justifier le licenciement de l’équipe dirigeante d’Air France, certainement entièrement solidaire au bord du gouffre où elle a mené la Compagnie, mais dont l’Etat qui la contrôle ne saurait être…solidaire.
Mois : novembre 2015
Elections Régionales
OBIT dédié à Emmanuel Kant et à Charles de Montesquieu en souvenir de ce que fut la morale privée et la vertu civique.
Nous avions eu un peu de peine, il faut le dire, de voir, quelques mois avant les dernières présidentielles, le P.S s’apprêter à investir un candidat dont le passé mettait en cause l’honnêteté (l’acquittement ne signifie pas l’innocence d’un accusé, mais souligne la plupart du temps sa seule habileté à dissimuler les preuves de sa culpabilité; d’ailleurs aujourd’hui confirmant hier , seuls les chiffres des détournements semblent à première vue distinguer l’affaire de la Mutuelle et celle de LSK…). Remercions Nafissatou Diallo de nous avoir sauvé d’un désastre annoncé.
Nous pensions que voter pour M. Hollande, c’était au moins voter pour un Etat échappant aux soupçons. Mais le désenchantement a été rapide en ce qui concerne la promesse d’une « République exemplaire » :
-On a vu les « amis-complices » de l’ex candidat potentiel à la présidentielle portés aux premiers rangs : postes ministériels, représentation à Bruxelles, hautes fonctions publiques, afin probablement de s’assurer d’une fidélité nouvelle de ce clan.
-On a vu une cascade de compromissions, de malhonnêtetés, d’indélicatesses :
Cahuzac ministre et ses comptes à l’étranger
Thevenoud ministre et ses impôts
Kader Arif ministre et ses trafics d’influence
Aquino Morelle conseiller du Président, ses liens avec les laboratoires et ceux avec ses chaussures
A. Saal patronne de l’INA et ses frais de taxis
Y. Benguigui ministre et sa fausse déclaration de patrimoine
_ Th. Braillard ministre et son logement HLM dans le 5ème
-On a vu les postes attribués aux amis, parents, relations, sans souci d’aucune idéologie, de reniements passés, ni de morale: Jouyet secrétaire général de l’Elysée et ancien ministre de Sarkosy, Richard patron de France-Telecom qui a couvert Tapie de millions d’euros publics alors qu’il dirigeait le cabinet de madame Lagarde, Brottes député P.S nommé patron de R.T.E, le très jeune Le Drian-fils mis en garderie à l’Etablissement public de la Défense, Villeroy de Galhau ancien plus proche collaborateur de M. Strauss-Kahn nouveau gouverneur de la Banque de France (qui nous expliquera comment la banque dont il a été un éminent responsable pendant 10 ans, a accepté de payer « à l’insu de son plein gré » une amende de 8,9 milliards de dollars au fisc américain).
-On a vu, totalement ignorés, les principes républicains : le Premier ministre à la canonisation d’un pape, l’hommage du Président de la République à Pasqua, la transfiguration en héros des otages libérés et des sportifs avec un Président qui passe son temps à Orly pour y transformer les victimes en héros et y célébrer les anabolisants, le ministre de l’Intérieur se rendre à Rome pour assister à la messe de canonisation(!) des parents de « Sainte Thérèse de Lisieux »…Et le carrousel Hollande-Valls distribuant, jour après jour, aux accidentés de la route, de l’eau, de l’air, aux victimes malheureuses de pouvoirs lointains nécessairement iniques, le saint baume d’un pays solidaire de tous ses enfants, crapules confondues.
-On a vu l’ usage de l’argent public à des fins privées : le premier ministre allant voir en famille, dans un avion de la République, un match de football à l’étranger…Et quelques jours plus tard, la jugulaire sous le cou et sans vergogne, déclarer inacceptables les agissements de salariés d’Air France, traités de « voyous », qui sous la menace de leur licenciement, ont osé, en déchirant une chemise, dépasser les bornes républicaines définies par Mr Valls. Aussi a-t-il fait en sorte que 5 d’entre eux soient arrêtés à l’aube et mis en garde à vue …
-On a vu oubliées ou au mieux bâclées, les réformes qui devaient moraliser la vie publique et qui passaient par la suppression du cumul des mandats, la transparence absolue de la vie publique…
La médiocrité idéologique, la faiblesse insigne des convictions, l’inculture dont font preuve la plupart des membres de l’équipe gouvernementale nous garantissent heureusement leur disparition prochaine, sans espoir de survie politique pour la plupart. Ces raisons de moralité suffisent largement à justifier notre vote; j’en ajouterai d’autres plus techniques :
-La réforme fiscale se borne aujourd’hui à un jeu de yoyo sur les barèmes et taux des impôts qui aboutit de plus et contrairement aux principes républicains, à ne faire payer l’ IR que par moins de la moitié de nos concitoyens. On attend toujours la grande réforme fiscale promise et le moment où ce pouvoir s’emploiera à persuader notre peuple que l’impôt est au cœur du fonctionnement de la Démocratie.
-Par contre, il n’a pas fallu attendre pour découvrir la loi sur la Nouvelle Organisation des Territoires de la République bâtie sur une tromperie impensable : celle des économies annoncées, alors que tout spécialiste en la matière (catégorie à laquelle modestement j’appartiens en tant qu’ancien préfet de Région, Conseiller maître à la Cour des comptes et maire pendant une quinzaine d’années) sait parfaitement que ses conséquences en matière de coût seront plus que conséquentes. Surtout, il faudra un jour nous expliquer et donc justifier l’intérêt de l’extension de taille des régions et des communes ! Ne serait-ce que pour nous empêcher de nous émerveiller depuis des décennies de l’efficacité du canton de Bâle, Etat d’une Confédération, qui « s’étend » sur 37 Km2 peuplés de 250 000 habitants…
-Quand au coup porté par cette loi à la ruralité, il est à mettre sur le compte de l’existence hors sol de nos « élites ». En notant que l’atteinte portée à notre tissu social et à la vie démocratique se double, ici comme ailleurs, de coûts qui n’ont fait l’objet d’aucune communication, car probablement d’aucune étude sérieuse. Ceci n’est guère étonnant, les deux derniers quinquennats ayant transformé le ministère de l’Intérieur en ministère de la Police, plus personne n’imagine même qu’il demeure en charge de l’organisation territoriale de notre pays. Sa mission essentielle est aujourd’hui d’opérer la transition vers une Gauche sécuritaire sensée rallier des électeurs « terrorisés par le terrorisme », vouée à devenir le bras droit de la Gauche sociale-libérale mise en place auparavant.
Nous n’ajouterons aucun élément ayant trait à l’économie et à la finance, peu persuadé qu’un autre pouvoir aurait mieux réussi que celui-ci à faire baisser notre dette, notre déficit et surtout notre taux de chômage. On aurait toutefois bien aimé que le virage au social-libéralisme soit assumé et justifié devant l’opinion.
Pas plus que nous n’évoquerons ce qui touche à notre politique étrangère, refuge ultime des chefs d’Etat en perdition, de celui-ci comme de son prédécesseur immédiat.
Mais ce qui vient d’être énoncé suffit à assurer notre conviction qu’il ne faut pas, sous prétexte que cela peut conduire à pire et peut-être plus, accorder un vote favorable à ce Pouvoir et à son Parti dont la rigueur morale et les convictions sont trop au-dessous de ce que nous étions en droit d’en attendre au moment où nous les avons portés au pouvoir. Nous voterons donc « blanc »en faisant abstraction de la peur des lendemains et en remarquant au passage, que ce vote blanc, certes comptabilisé à part, ne figurera pas dans le nombre des suffrages exprimés. Encore un engagement oublié !