De la compétence…

Peut-être un des articles de presse les plus intéressants de ces derniers jours a-t-il échappé à certains des vigilants lecteurs du Monde. Il me parait cependant pouvoir suppléer ou au moins compléter la doctrine de la postvérité selon laquelle « les faits objectifs influencent moins les opinions publiques que les émotions et les croyances individuelles ».
En effet, selon les auteurs américains d’un étude récente, partant du fait que 65% des électeurs contre 12% considéraient que Hillary était plus compétente que Donald, il aurait pu paraître normal que la première l’ait emporté. En fait, il n’en a rien été: et selon les auteurs de l’étude, les électeurs qui ont donné la victoire à Trump ont fait ce choix à cause, et non en dépit, de son incompétence! Ainsi auraient- ils voté pour celui le moins susceptible de les trahir, c.à.d servir les intérêts de sa classe et les siens propres, car trahir suppose un certain degré de compétence et de connivence. De plus, sa fortune et sa dissociation permanente de la classe à laquelle le rattache sa situation financière, ont provoqué un effet cumulatif avec l’atout que constitue son incompétence supposée.
Si cette hypothèse repose sur un fondement correct, les efforts, il est vrai parcimonieux, de Marine pour faire apparaître sa compétence seraient alors contre-productifs: mieux vaudrait-il pour elle persister à se mouvoir dans le strict domaine d’une idéologie désincarnée, faisant fi du faisable et du raisonnable. Et de jouer sur ses deux atouts majeurs qui sont de ne pas appartenir à « l’estabishment »et de ne pas avoir à ce jour apporté une preuve de sa compétence.

De l’audace dans la vision de demain

Recherchant dans mon blog, je m’aperçois que, contrairement à ce que je croyais, nous n’y avions pas fait de pronostic sur le résultat des présidentielles américaines: il faut donc émettre un doute sur la mémoire et la conviction qui sont les nôtres que nous avions bien prévu la victoire de Trump. C’est pourquoi, avec courage, deux mois avant notre présidentielle, il convient de s’avancer avec audace par écrit sur son résultat: la victoire de Marine. Ce ne serait là que la suite logique du Brexit qui a permis à la Grande-Bretagne de gagner du temps et de faire l’économie d’une crise de régime proprement dite, en la dérivant pour le moment par un habile changement de pied. Et encore autant celle de la victoire de Trump porteur masqué d’une crise de même nature, dans un pays où selon Joseph Stiglitz, « 91% de la richesse créée ces dernières années est allé dans les poches des 1% les plus riches » . La RFA passera-t-elle au travers des mailles à la fin de l’année? Rien n’est moins sûr et très probablement non…
Nos vieilles démocraties ont laissé croître, embellir, et ont même aidé à prospérer les égoïsmes individuels et claniques reposant sur l’enrichissement par et pour l’Argent, ignorant superbement le Bien commun cher à Aristote. Ainsi ont éclaté les solidarités internes de nos sociétés, sans qu’elles perçoivent ou ne minimisent les grondements et les craquements qui sous 1000 formes se faisaient entendre sous leurs pieds. L’heure du bilan est sans doute très proche pour les quatre Grandes.