De la compétence…

Peut-être un des articles de presse les plus intéressants de ces derniers jours a-t-il échappé à certains des vigilants lecteurs du Monde. Il me parait cependant pouvoir suppléer ou au moins compléter la doctrine de la postvérité selon laquelle « les faits objectifs influencent moins les opinions publiques que les émotions et les croyances individuelles ».
En effet, selon les auteurs américains d’un étude récente, partant du fait que 65% des électeurs contre 12% considéraient que Hillary était plus compétente que Donald, il aurait pu paraître normal que la première l’ait emporté. En fait, il n’en a rien été: et selon les auteurs de l’étude, les électeurs qui ont donné la victoire à Trump ont fait ce choix à cause, et non en dépit, de son incompétence! Ainsi auraient- ils voté pour celui le moins susceptible de les trahir, c.à.d servir les intérêts de sa classe et les siens propres, car trahir suppose un certain degré de compétence et de connivence. De plus, sa fortune et sa dissociation permanente de la classe à laquelle le rattache sa situation financière, ont provoqué un effet cumulatif avec l’atout que constitue son incompétence supposée.
Si cette hypothèse repose sur un fondement correct, les efforts, il est vrai parcimonieux, de Marine pour faire apparaître sa compétence seraient alors contre-productifs: mieux vaudrait-il pour elle persister à se mouvoir dans le strict domaine d’une idéologie désincarnée, faisant fi du faisable et du raisonnable. Et de jouer sur ses deux atouts majeurs qui sont de ne pas appartenir à « l’estabishment »et de ne pas avoir à ce jour apporté une preuve de sa compétence.

Une réflexion sur « De la compétence… »

  1. (…)
    Socrate : Quelle est la sorte de persuasion que produit la rhétorique, devant les tribunaux et les autres assemblées, relativement au juste et à l’injuste Est-ce celle d’où résulte la croyance ou celle qui donne la science ?
    Gorgias : Il est évident, Socrate, que c’est celle d’où résulte la croyance.
    Socrate : La rhétorique, à ce compte, produirait donc une croyance et non un enseignement sur le juste et l’injuste ?
    Gorgias : Oui
    Socrate : De sorte que l’orateur n’enseigne pas aux tribunaux et aux autres assemblées le juste et l’injuste, mais leur suggère une opinion, et rien de plus. (…)
    Socrate : Sur tous les sujets on peut obtenir l’assentiment d’une assemblée nombreuse sans l’instruire, mais en la persuadant ?
    Gorgias : Parfaitement.
    (…)
    Socrate : Eh bien, Gorgias, la rhétorique, à ce qu’il me semble, est une pratique étrangère à l’art, mais qui exige une âme douée d’imagination, de hardiesse et naturellement propre au commerce des hommes. Le nom générique de cette sorte de pratique est, pour moi, la flatterie. (…)
    Platon – Gorgias.

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