Je me souviens , cela se passait dans les années 60: j’étais à l’époque en charge d’ une S.A.S dans le Djebel Nador très au Sud de Tiaret ; et, brutalement en 48 heures, je dus partir pour assurer le remplacement de l’officier qui commandait la SAS de Sidi-Bouzid dans le Djebel Amour. Tombé dans une embuscade sur la piste qui y menait, ce dernier qui, comme moi, accomplissait ses « obligations militaires », y avait laissé la vie…Son cercueil fut simplement envoyé à la famille et aucune cérémonie ne marqua cette disparition. Je n’ai trouvé à l’époque, et pas plus aujourd’hui d’ailleurs, rien à redire à cette manière de gérer l’évènement. Tout cela conté parce qu’en ce 20 Avril, la TV nous a comblé! Ainsi avons-nous pu voir et entendre des militaires ( de carrière ceux-là) en traitement psychologique sinon psychiatrique, dans une merveilleuse résidence provençale après quelques mois passés en Afrique…Et quelques minutes plus tard, le président de la République en personne, rendre, aux Invalides, un « hommage solennel » à trois militaires, de carrière également, tués par une mine.
Au fond, je ne sais ce qui m’effraye le plus: la fragilité psychologique de notre Armée ou la tendre et démonstrative sollicitude de l’appareil de l’Etat ( et de l’opinion?) à son endroit…Peut-être d’ailleurs les deux sont-ils indissociables?