Fragilité et sollicitude

Je me souviens , cela se passait dans les années 60: j’étais à l’époque en charge d’ une S.A.S dans le Djebel Nador très au Sud de Tiaret ; et, brutalement en 48 heures, je dus partir pour assurer le remplacement de l’officier qui commandait la SAS de Sidi-Bouzid dans le Djebel Amour. Tombé dans une embuscade sur la piste qui y menait, ce dernier qui, comme moi, accomplissait ses « obligations militaires », y avait laissé la vie…Son cercueil fut simplement envoyé à la famille et aucune cérémonie ne marqua cette disparition. Je n’ai trouvé à l’époque, et pas plus aujourd’hui d’ailleurs, rien à redire à cette manière de gérer l’évènement. Tout cela conté parce qu’en ce 20 Avril, la TV nous a comblé! Ainsi avons-nous pu voir et entendre des militaires ( de carrière ceux-là) en traitement psychologique sinon psychiatrique, dans une merveilleuse résidence provençale après quelques mois passés en Afrique…Et quelques minutes plus tard, le président de la République en personne, rendre, aux Invalides, un « hommage solennel » à trois militaires,  de  carrière également, tués par une mine.

Au fond, je ne sais ce qui m’effraye le plus: la fragilité psychologique de notre Armée ou la tendre et démonstrative sollicitude de l’appareil de l’Etat ( et de l’opinion?) à son endroit…Peut-être d’ailleurs les deux sont-ils indissociables?

Comme à la belote

Au café-resto de Simorre,arrivent entre 13h et 13h,30, les habitués du café d’après-repas. Commencent alors les parties d’un jeu qui a survécu à tous les évènements, parce que familier à chacun dans sa logique: il fait, en effet, appel à toute la gamme des stratégies auxquelles nos concitoyens font appel au quotidien. Et notamment, à l’une d’elles qui consiste à « passer », quand on juge que son jeu, quelque soit l’habileté, dont on peut faire preuve ne peut mener qu’à la perte.
Bien sûr, Valls veut que l’anéantissement du Président actuel soit un naufrage: « il est le
candidat évident et incontournable » dit-il… Il est non moins évident que le paysage de la Gauche 2016 ne recèle a priori aucun candidat potentiel.
Et voilà pourquoi, il faut « passer » en 2017. La Gauche s’en remettra! Bien mieux que de la catastrophe qui suivrait son naufrage si elle était présente à la prochaine confrontation…
Jouons à la belote pour ne pas sombrer dans le scénario d’un autre jeu dont « impasse » est le
maitre-mot.
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