Que faire Dimanche? En désespoir, voter Macron? Mais à la Rotonde, les silhouettes des people sont apparues: au juste le temps d’un éclair, mais comme simplement nous aviser qu’ils sont toujours bien là, pour que nous ne soyons pas définitivement étonnés demain de les y retrouver: Alain Minc, le grand Conseilleur de présidents de toutes origines et de toutes eaux et prince de la « littérature » politique de caniveau, Jacques Attali, le plagiaire, promoteur dans l’inommable rapport Balladur-Attali (dont E.Macron fut le Rapporteur), d’une France rassemblée autour d’une demi-douzaine de métropoles et de sa ruralité regroupée autour des centres commerciaux, Bernard-Henri Lévy, l’apôtre de la guerre en Lybie, Bernard Kouchner, l’exploiteur politique de la misère du monde… Je suis sûr que demain, il n’en manquera pas un! Alors, à cette heure, comment ne pas chanceler alors qu’autour de nous, aucun argument ne manque pour nous amener à voter en fermant les yeux pour celui qui nous annonce que son élection signera le début de temps nouveaux… Il nous reste trois nuits pour choisir le chemin par lequel nous pourrons sauver une partie, si minime soit-elle, de notre morale de citoyen.
Le 7 mai, j’ai pris sur la table le seul bulletin « Macron » parce que je ne voulais pas toucher l’autre et même si je fus très discret dans mon geste – tant pis pour le respect de la règle – je ne suis donc pas passé par l’isoloir.
« Quand les blés sont sous la grêle, fou qui fait le délicat ». C’était bien ça, et j’ai trouvé irresponsables (= réponses inadéquates) les arguments de ceux qui préconisaient l’abstention ou le vote blanc ou nul, ou qui ne se prononçaient pas clairement (cf. Mélenchon). Ce qui revenait à dire qu’il n’y a pas de différence essentielle entre ce que représentent l’un et l’autre. Certains intellectuels qui tenaient ce discours m’ont fait penser au sujet hypnotisé par le prédateur qui va l’avaler. Quelque chose comme une sidération.
Pour le reste, je préfère parler d’éthique : en-dehors du jugement, déterminer ce qui convient entre des « modes d’existence » (non essentiels, contingents) donnés.
Premier « mode d’existence » : l’abîme. En l’occurrence, le désarroi multiforme, la perte des repères (par exemple, Manuel Valls, premier ministre d’un gouvernement se déclarant l’un et l’autre de gauche, disant, à propos du terrorisme, qu’expliquer c’est justifier) avec pour effets l’implosion des références politiques habituelles de gouvernement (exit : LR et PS) et l’émergence rapide « miraculeuse » d’un « sauveur » de chute.
Second « mode d’existence » : le besoin d’équilibre (chanceler n’est pas tomber).
Il faut donc déterminer sa propre responsabilité (= la réponse adéquate pour relier ces deux modes) les 11 et 18 juin.