Le Monde de ce 7 Janvier 2015 affiche en première page la photo en maxi-grandeur de Monsieur Macron qui doit être aux yeux de certains, l’homme qui sera en charge de représenter demain une « gauche moderne ». Et tout en même temps donc de souffler les dernières bougies, si vacillantes déjà, qui veillent sur des valeurs anciennes et dépassées, incompatibles avec le monde d’aujourd’hui.
Notre très vif souhait est que la campagne engagée par notre (!) journal connaisse l’éclatant succès qui a couronné une opération similaire qu’il avait menée il y a quelques années en faveur d’un certain Balladur. La constance de mon journal dans le choix d’hommes sans idéal ni dimension pour prendre en mains les destinées de notre pays… m’effraye!
Le Monde, qui est aussi mon quotidien depuis quelques décennies, a ceci de rassurant qu’il est, comme tout ce qui est humain, très imparfait – quatorze même, pour ceux que le calembour intéresse – et qu’il fut par exemple tout à fait capable de s’intéresser à la vie sexuelle d’un majordome de Buckingham, ou aux bottines de R. Dumas, et qu’il publie le samedi, à côté du journal en papier ordinaire, un magazine en papier glacé (son poids – matériel – permet de le projeter très facilement dans la corbeille), un exemple dialectique des contradictions du « monde comme il va ».
*Macron est la forme neutre de l’adjectif grec « macros » dont le premier sens est « long » (dans l’espace et le temps). Par exemple : « faire long feu ».