Nos contemporains lisent, avec souvent une sorte de fascination, les récits de Paris-Match et assimilés, relatant la vie merveilleuse de ce qu’on dénomme aujourd’hui les « people ».
Il ne leur reste généralement peu de chose de ces récits sinon que, l’éblouissement retombé,se forme ou s’épaissit alors en eux, une sorte de substance quasi humorale faite d’un sentiment de frustration et d’humiliation,d’intense ressenti d’iniquité et même de haine, qui visent cette société dont, aux yeux de notre peuple, les politiques font partie.
C’est pourquoi, tout sera en état lors des prochaines échéances pour une aventure vers ce que la classe « raisonnable » dénomme au choix le populisme ou la politique du pire. Chacun doit-il à tout prix s’opposer à la tempête qui pourrait survenir, ou celle-ci est-elle le préalable nécessaire à l’émergence, dans une phase ultérieure, d’un monde nouveau? Pour l’heure, la parole est à D.Trump, à M.Le Pen, à B.Johnson…En attendant, souhaitons ardemment la victoire du Brexit, qui participe de notre vision paroxytique en créant l’ obligation de repenser l’Europe. Les cycles politiques sont mortels: autant que les civilisations…N’est-ce point de notre devoir de précipiter leurs fins quand nous le pouvons, et en tous cas de s’abstenir de tout geste thérapeutique au chevet des moribonds?
L’articulation entre people et populisme. Entre l’œil du rêve à deux sous et son exploitation à des fins idéologiques et politiciennes.
L’image bien maquillée pour donner l’illusion de l’éternité à ce qui n’est qu’instant : sur les pages en papier glacé des tabloïds, les princes, les princesses, les rois, les reines sont beaux, bien coiffés et bien chapeautés, n’ont ni faim ni soif, n’ont pas de besoins comme nous… Y a-t-il des toilettes à Buckingham ?
Chirac, son bermuda et ses chaussettes à Brégançon, Sarkozy, sa « racaille » et son « Casse-toi, pauvre con ! » au milieu des veaux, des vaches et des cochons, Hollande transporté en catimini et en scooter à Paris pour une démarche vilipendée par « Moi, président… » rendent vraiment très difficile le dépassement de l’éphémère, surtout quand l’inquiétude teinte de noir l’œil du rêveur à deux sous. Eux – les trois ci-dessus cités – ne sont pas toujours beaux, ils mangent, boivent, grossissent, nouent plus ou moins bien leurs cravates et… enfin, bon… Dur, pour le rêve à deux sous du chromo, d’autant que certaines familles royales – « vérité au-delà des Pyrénées », comme aurait dit Blaise, non, pas Matuidi du PSG, mais Pascal de Clermont-Ferrand – sont épinglées par la roturière justice. Non mais, où va le monde ?
Quant au Brexit* : question de diagnostic.
La GB n’a qu’un pied (économique) dans l’espace européen commun (ni euro, ni espace Schengen…). L’autre pied, à la plante idéologique plus ou moins large selon les époques, est en-dehors de cet espace depuis sa création ; la Grande-Bretagne est une île. Alors, les sujets de sa Gracieuse Majesté qui voteront pour le Brexit le feront-ils pour des raisons économiques soigneusement étudiées et pesées ou pour une idéologie identitaire de repli distillée par les populistes ? D. Cameron qui a organisé ce référendum pour résoudre un problème interne (il paraît que c’est souvent le cas pour ce genre de consultation, du moins telle qu’elle est conçue aujourd’hui… Quoi ? Toujours le cas ? Ah, vous croyez ?) s’est peut-être pris les pieds dans le tapis.
Du diagnostic dépend le choix de la thérapie : si le moribond n’est pas politique (existe-t-il un rapport politique élaboré entre la GB et l’Europe continentale ? Existe-t-il une Europe continentale politique, hum… ?), est-ce qu’approuver le Brexit pour des raisons et des objectifs politiques ne reviendrait pas à se jeter dans l’abîme idéologique à visée politicienne dont on ne connaît pas le fond ?
*Brexit est un néologisme latino-grand-breton. Signe peut-être d’un ancrage (inconscient) européen plus profond qu’il n’y paraît. On se raccroche aux branches qu’on peut…